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Interview exclusive du Sénateur Le Grand Les trois questions-réponses du réseau
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En médaillon, le Sénateur Jean-François Le Grand. Jean-François Le Grand est également Président du Conseil Général de la Manche. Il a présidé le groupe de travail dédié à la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles lors du Grenelle de l'Environnement. C'est pour faire suite aux conclusions du Grenelle que le Président de la République lui a confié la présidence du comité de préfiguration de la haute autorité pour les OGM
PH- De nouvelles études scientifiques permettent d’établir des doutes sérieux sur les effets du maïs MON 810. Telle est la conclusion du Comité que vous présidez, lequel préfigure la Haute autorité sur les OGM. Pourquoi ces études n'avaient-elles pas été portées à la connaissance du public auparavant ?
JFLG : Les études dont il a été fait état dans le document réalisé par le comité de préfiguration de la haute autorité pour les OGM sont des faits scientifiques nouveaux, et qui sont, par voie de conséquence des publications récentes. Les expertises scientifiques sont d’abord transmises aux organismes qui les ont diligentées, circulent au sein de la communauté scientifique et ont souvent du mal à atteindre le grand public, faute de traduction simple.
Concernant la dissémination du pollen du maïs MON 810 sur de grandes distances, la dernière publication est de Monsieur MESSEAN et date de 2006.
Enfin, lorsque des expérimentations sont menées à la demande d’une firme ou d’un organisme, les conclusions sont adressées à ceux-ci en priorité et c’est à eux qu’il appartient de les rendre publiques ou non. Il en va de même pour l’apparition de résistance sur les ravageurs cibles et les effets sur la faune non cible. Pour l’essentiel les études menées date de 2006-2007.
PH- Monsanto France a réagi jeudi. La filiale du géant américain de l'agrochimie Monsato a émis "des doutes sérieux" sur le travail d'évaluation de son produit. Monsanto vous a t-elle fourni des éléments pour asseoir ses propres doutes ?
JFLG : Je n’ai reçu aucune information personnelle de l’entreprise MONSANTO, je ne ferai aucun commentaire sur l’appréciation qu’elle porte sur l’avis émis par l’organisme que je préside sur la dissémination du MON 810, mais tiens simplement à réaffirmer que le texte ci-joint a été validé à l’unanimité des participants.
PH- Mercredi 16 janvier, le gouvernement a également annoncé que le projet de loi sur les OGM serait finalement débattu au Sénat à partir du 5 février. Sur ce sujet, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez a déclaré que le président Nicolas Sarkozy voulait "un débat qui se déroule avec le maximum de tranquillité et de sérénité". Faut-il comprendre qu'il faut séparer le débat sur le dossier des OGM en général et la question de la semence pour laquelle pourrait être déposée une clause de sauvegarde ? Le Comité que vous présidez fera t-il un porté à connaissance dans le débat du Sénat ?
JFLG : J’ai moi-même proposé que les travaux du comité ayant trait à l’évolution du MON 810 soit accélérée de manière à ce qu’il n’y ait pas interférence entre l’avis que nous avions à émettre et la discussion du projet de loi. Ces 2 événements sont totalement distincts, mais néanmoins ne pas émettre d’avis avant la discussion du projet de loi pouvait faire perdre de la sérénité à la discussion parlementaire.
Le projet de loi s’inscrit dans les outils de la gouvernance de la connaissance tel qu’exprimé dans le grenelle par le groupe de travail ad hoc que j’ai présidé et la définition de grands nombres de principes est complètement déconnecté de la clause de sauvegarde, sauf peut être en ce qui concerne l’interprétation que le gouvernement devra faire du principe fondamental de la liberté d’entreprendre en général et pour l’agriculteur en particulier de pouvoir s’assurer un choix de production avec ou sans OGM.
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Baiser qui tue, selon certains ! Mais qui est censé tuer l'autre ?
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"Bové a raison de sonner de l' olifant. Il a obtenu satisfaction. Et par la même occasion le voici absous de ses péchés. C'est Jean Valjean. Il fait la bise à Nathalie Kosciusko-Morizet qui nous la joue bourgeoise émoustillée et n'a visiblement rien contre les restes de soupe dans la moustache. Mieux il avait raison depuis le début ! Il est notre Messie. Après le Dakar sacrifié sur l'autel de la bienséance, le principe de précaution a une fois de plus frappé. Il faudra réhabiliter le malfrat, l'indemniser, le légiondhonoriser. Comme l'autre abruti de Bègles, pourquoi pas ?"
Ce petit texte, copié sur un blog indépendant, a été repris en choeur par certains parlementaires de l'UMP et d'ailleurs. Il montre surtout que la France a mal à son principe de précaution et n'y a sans doute rien compris, certains parlementaires de tout bord en tête.
Claude Allègre, peu soupçonnable d'écologisme bien pensant, tente de recadrer le débat et, au fond, donne raison au sénateur Le Grand : "Ce qui a été interdit, c'est le maïs transgénique 801. Sarkozy a été, par ailleurs clair : il n'est pas question que la France se tienne à l'écart de la grande aventure de la biologie moléculaire et des organismes génétiquement modifiés. La seule chose qui me contrarie aujourd'hui, c'est qu'une secrétaire d'Etat ait pu embrasser José Bové." Et d'expliquer que l'idéologie Bové, c'est une catastrophe.
Qui porte le baiser censé tuer ? Qui en est peut-être jaloux ? Laissons ces questions sur le bord de la route.
Le principe de précaution relève d'une conduite publique responsable quand les risques encourus ne sont pas raisonnablement maîtrisables. Faut-il répéter que le premier objectif qu'il impose aux décideurs politiques est d'en sortir en mettant tout en oeuvre pour lever ou mesurer les doutes et passer de l'obscurité à la mesure du risque et partant, de la précaution à la prévention. Voilà qui est loin de l'obscurantisme puisqu'il s'agit au contraire de remettre dans l'esprit de la philosophie des Lumières et de la Science, ce qui, peut-être, pourrait naturellement lui échapper.
Tel est clairement l'objet de la future Haute Autorité qu'a préfigurée le Sénateur J.F. Le Grand ainsi que celui du débat qui commence mardi (22 janvier 2008) au Sénat. La confusion, d'un coté comme de l'autre, est mauvaise conseillère. Du principe de précaution, il est urgent de faire un principe d'action et non d'inaction dont le sens colle au mot, la précaution, sans qu'il soit besoin d'énoncer des théorèmes compliqués sur la nature des risques. Faute de quoi, toute démocratie fuierait le débat que le rapport du comité de préfiguration de la haute autorité pour les OGM tente utilement de remettre dans un chemin public.
Nous vous conseillons à cet égard de lire l'article de Chantal Jouanno, conseillère du Président de la République, responsable de la thématique environnementale, paru dans les cahiers de la Sécurité (voir ci-dessus), lequel rmet le principe de précaution dans la perspective constructive de l'élargissement de la responsablilité face à l'émergence des nouveaux risques.
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L'environnement entre dans les problématiques de la sécurité globale, civile et de défense
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La prise en compte des risques environnementaux majeurs devient une composante essentielle de la sécurité globale. Non seulement, ils peuvent avoir des conséquences catastrophiques si l’information et la prévention sont insuffisantes. Mais surtout, ils concernent transversalement les dimensions technologiques, biologiques, sociales et territoriales et également les aspects culturels, politiques ou juridiques. Ces risques concernent la sécurité tant intérieure qu’extérieure et parfois de manière très intriquée. Ainsi, les risques géostratégiques liés à l’énergie constituent autant un enjeu de la défense de la France et de l’Europe qu’un porteur de menaces collatérales pour la sécurité sanitaire ou civile des habitants. Sommes-nous prêts ? La question est très vaste tant elle imprègne tous nos comportements.
Tant le Ministère de l'Intérieur que celui de la Défense ont chacun pour soi mais de façon convergente décidé d'intégrer ces problématiques dans la prospective active et l'effort actuel de repenser leurs missions conjointes.
De façon conjointe, c'est l'objet de la mission confiée à Alain Bauer par le président de la République : comment rapprocher utilement les instituts qui planchent sur la sécurité. Le rapport sera bientôt rendu, lequel intégrera la donne des risques environnementaux.
L'Inhès (Institut des Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure rattaché au Ministère de l'Intérieur) consacre l'essentiel de son numéro 3 (couverture en médaillon) de la nouvelle série des Cahiers, sous l'impulsion de son nouveau directeur, Pierre Monzani, à cette problématiques : les risques environnementaux : sommes-nous prêts ?
Ce numéro a été coordonné par Patrice Hernu, Conseiller du directeur (mais aussi président de notre réseau). Il n’a pas la prétention de traiter la question dans son ensemble. Il ne constitue pas un rapport et n’entend pas alarmer l’opinion. Son objectif est d’illustrer la réalité des diverses menaces découlant d’un environnement multiforme et de montrer comment les parties prenantes de ces risques, entreprises, collectivités, Etat et au-delà les acteurs intermédiaires –ONG, associations, citoyens, institutions extra nationales – collaborent à définir de nouvelles missions et obligations et, au-delà du renouvellement des lois, institutions et dispositifs, contribuent à faire partager une « nouvelle culture du risque global et local ». Car, évidemment, c’est à ce prix que nous serons prêts à affronter les menaces classiques et émergentes.
L'Ihedn (Défense), de son coté, entreprend également de repenser le concept de défense à la lumière du développement durable.
Les conflits armés sont source de souffrance, pour les hommes victimes de la guerre et pour la nature. Les problèmes environnementaux sont connus - eaux contaminées, dégradation des ressources naturelles, installations industrielles endommagées, pollutions marine et terrestre, munitions non explosées… Le but est de réduire, dans un cadre normatif international, les impacts environnementaux des actions et des activités militaires, en temps de paix et en cas de conflits armés. Cette prise en compte de l’environnement impacte tous les domaines de la sécurité d’où le concept de « sécurité globale ». Parallèlement à l’effort de réflexion sur les aspects traditionnellement dits « intérieurs » ou « civils », le concept même de défense peut, doit sans doute, être repensé dans celui du développement durable.
Un cycle de conférence est organisé à l'initiative du cabinet 3B Conseils par Brigitte Bornemann-Blanc*, avec Louis Charles de La Taille*, et Jean Menu*, ancien chef du cabinet militaire du Premier ministre, Michel Ricard président du Conseil national du développement durable, Thierry Garcin* IH France Culture...
* anciens auditeurs de l'IHEDN
La première du cycle de trois conférences Défense et Environnement : une nouvelle manière de penser, s’est tenue le 10 juillet 2007, sous le haut patronage du ministre de la Défense, avec le soutien de la DCNS, de l’IHEDN, de Veolia Propreté et Sita. L’objectif initial est de réduire, dans un cadre normatif international, les impacts environnementaux des actions et des activités militaires, en temps de paix comme également en cas de conflits armés, sans compromettre l’efficacité des forces armées.
Les synthèses des conférences seront remises régulièrement au ministre de la Défense et au ministre de l’Environnement, ainsi qu’à la DG Environnement de la Commission européenne, pour que les questions soient soumises aux Etats membres de l’Union européenne par la France, lors de sa présidence à partir de juillet 2008.
[En savoir plus : http://defenseetenvironnement.blogspot.com]
Sur ces thèmes, deux articles accessibles au public (la Revue est en vente à la documentation française et dans tous les kiosques relais)- Patrice Hernu : Climate Change as a security risk
Un rapport officiel rendu public lundi 10 décembre 2007 évalue les risques de conflits engendrés par le changement climatique. Commandé par l’ONU, il a été rédigé par le German Advisory Council on Global Change (WBGU). Outre un tour d’horizon complet des scénarios les plus inquiétants sur lesquels les stratèges de la sécurité civile et militaire sont invités à réfléchir, sans esprit de catastrophisme, il justifie également tous les efforts actuellement entrepris pour repenser la sécurité, notamment en France et y intégrer les risques environnementaux.
[... lire l'article complet]
- Antoine-Tristan Mocilnikar : Sécurité et adaptation sont indispensables pour absorber le choc climatique (Référence de la page : www.cachiersdelasecurite.fr/cs3/mocilnikar)
Les conséquences du changement du climat qui peuvent s’observer très précisément concernent aussi bien des déplacements de population, des crises liées aux ressources alimentaires et des dangers sanitaires. Il faut agir dès à présent pour s’adapter au changement climatique. Il faut renforcer, en France, la prévention et la gestion des catastrophes et des crises. Une stratégie d’ensemble s’impose. Les préfets et le ministère de l’Intérieur seront en première ligne. Les changements climatiques sont également une menace pour la sécurité internationale. Sécurité et adaptation vont bien de pair.
[... lire l'article complet]
Le numéro 3 des Cahiers de la sécurité
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