. Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate France-Europe-Planète Bleue



Imprimer au format A4 (Print)Inscrire un nouveau membre (New recipient)Le site officiel France Bleue La Une Mise à jour régulière

Copenhague. Le concept de justice climatique est un obstacle : rejeté par les USA, instrumentalisé par la Chine, inefficient pour les pauvres. Idem sur la taxe carbone rejetée à juste titre par le Conseil Constitutionnel.
Membre de la Ligue Européenne de l'Ecologie et de l'Environnement
 

Partager...

Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi 29 décembre 2009 avoir annulé la taxe carbone. Cette décision semble avoir pris de court les responsables politiques de tout bord. Elle devait entrer en vigueur le 1er janvier. La Conseil a estimé que la loi crée trop d'exemptions, ce qui est "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une inégalité face à l'impôt.




Quoi de neuf ?

2010
Climat et enjeux politiques : débat entre les thèses en présence le 9 février 2010 [3/2/2010]
La lettre de Février 2010 [2/2/2010]
Compte-rendu Petit Déjeuner Débat – Club DD – 14 janvier 2010 - L’Après-Copenhague [20/1/2010]
Rocard se rallie : taxe carbone européenne et suppression des quotas... Trop tard ? [12/1/2010]
La taxe carbone ; et maintenant ? [1/1/2010]
Bonne année 2010 ! Ne nous laissons pas abuser... [31/12/2009]
Ice water project : un projet de saison mais l'illustration qu'aucun combat n'est perdu d'avance... par Thierry CHAPIN [31/12/2009]
Taxe carbone : une option équilibrée est-elle encore possible ? [30/12/2009]
2009
Sandrine Ségovia-Kueny : Copenhague est fini et SO WHAT ? [20/12/2009]
Un grand de la chimie du CO2 répond à Patrice HERNU : Personne ne peut dire exactement le pouvoir réchauffant du méthane... [14/12/2009]
Quel est le vrai pouvoir réchauffant du méthane ? Dialogue avec Benjamin Dessus de Global Chance [13/12/2009]
Question à Dessus, Le Treut, Laponche, Colombier - Une médecine d’urgence pour le climat : réduire les émissions de méthane [13/12/2009]
COP 15 - Regards sur la position des USA : réponses du chef de la délégation américaine [10/12/2009]
Lettre de décembre : Copenhague, c'est parti... [7/12/2009]
Les modèles climatiques remis -calmement- en question sans renier la nécessité d'agir - Pierre Allemand (Lettre FB 12/2009) [7/12/2009]
Analyse et de synthèse des articles parus en novembre 09 sur EnergiesdelaMer (Lettre FB 12/2009) [7/12/2009]
     

Aperçu des éléments publiés récemment

 
     

Lettre de février 2010 : Taxe carbone retoquée, Copenhague décevant, et après ?

Tout le monde l'avait prévu ! Tout le monde l'avait dit !

Il en est ainsi d'un monde où la vague du "majoritairement disant" emporte tout. La vraie révolution écologique n'est pas pour demain à ce compte !

Pour ce qui concerne notre réseau, nous nous en tenons à notre position de toujours qui sur ce plan, finalement, tient en deux propositions simples :

  • Il n'est pas possible de réguler directement sur le marché une "commodité" ou une "externalité" à la fois par les quantités et par le prix. Il faut choisir. C'est faute d'avoir analysé les conséquences de cette loi que les outils discutés à Copenhague n'ont pu déboucher sur un véritable accord. Tel est également la raison profonde de la décision du Conseil Constitutionnel de renvoyer les auteurs de la taxe carbone à la française à leurs projets.
  • N'agir que sur la variable CO2, ce que j'appelle désormais sans honte - car il faut finalement appeler "un chat", un chat -  "l'unilatéralisme du CO2", cela mène à de nouvelles déconvenues.

Alors, faut-il désespérer ? Non, ces échecs peuvent remettre les acteurs de l'énergie et du climat - faut-il d'ailleurs continuer de sanctuariser le couplage des deux problèmes ? - dans la bonne voie.

Quelles voies ?

  • Pour l'incompatibilité prix-quantité, les économistes professent avec raison que seule l'intégration du double arbitrage dans les contreparties monétaires offre une solution stable. Il aurait été possible d'y venir rapidement dans le cadre d'un G20 commun du climat et de l'énergie ou d'un "Bretton woods du carbone" comme je le propose depuis... assez longtemps. Il est possible d'imaginer des solutions de transition comme par exemple celles inspirées des  réflexions américaines sur le "cap and dividend" en remplacement du très européen (mais toxique) "cap and trade".
  • Pour mettre fin à l'unilatéralisme du CO2, ce qui devrait constituer une priorité en cette année de la biodiversité si menacée et très vraisemblablement co responsable des dérèglements climatiques, de nombreuses  solutions sont proposées : outils d'intégration des contreparties dans les avoirs financiers, banque de stabilisation des cours des matières premières liées à l'exploitation de la nature, révision des méthodes du bilan-carbone, création d'un Giec de la biodiversité et de la nature séparant nettement évaluation et recommandation politique, etc. La question est donc plutôt du courage politique...

 Prend t-on les bonnes voies ?

Rien n'est sûr. Si la taxe carbone a été renvoyée à juillet, il semble bien que le gouvernement se prépare  à remettre le même système en se contentant d'élargir l'assiette d'ici la mise en oeuvre du futur système (troué) des quotas européens. Donc toujours pas de remise en cause de ce système. Qu'attend t-on ? Que les USA et la Chine nous y contraignent ?

Sur le plan de l'intégration de la valeur de la contrepartie notionnelle de la nature, le chemin semble encore plus long malgré la bonne volonté souvent rappelée de Chantal Jouanno. Mais a t-elle les moyens d'une vraie politique dans ce domaine qui, pour une large part, se joue à l'échelon européen et international ?

Le doute prévaut donc, jusqu'aux méthodes franco-françaises du bilan carbone où - nous y reviendrons - les lumières attendues du rapport Havard semblent avoir bien du mal à sortir des cartons compte tenu que les lobbies déjà institués sont des prédateurs avisés de la cause environnementale.

Aucune raison de se frapper la tête malgré tout. Une autre vision de l'écologie est en marche. Plus saine, plus équilibrée. Comme en témoignent des oeuvres cinématographiques enfin vraiment "écolos" comme Océans ou Avatar. C'est une nouvelle vague dont il faut espérer qu'il renverra à l'école ceux qui avaient voulu confondre le nouveau business avec une nouvelle religion.

L'écologie bleue ? Et oui, c'est aussi cela. C'est ce combat.

Patrice Hernu
Prsident du réseau France Bleue 

 Vous vous recommandons (cf. détails ci-dessous)

  • Le colloque Energie-Passages le mardi 9 février : l'Europe, est-ce encore possible avec les top meilleurs spécialistes du domaine ainsi que :
  • Lundi 8 février  à 17 heures et Jeudi 11 février à 17 heures, deux conférences partenaires pour comprendre la politique climat et énergie des USA
  • Ce week-end, les ateliers de la Terre auxquels participe Patrice Hernu
  • La nouvelle lettre "Passages 2050" de nos amis de Passages-Adapes, un point de "passage" obligé pour suivre la politique énergétique et ses développements durables eb relation notamment avec la question climatique et géostratégique : www.passages2050.org

Toute la lettre de Février 2010 [2/2/2010]

     

Lettre de Décembre 2009 et commentaires...

 
Extraits

Conformité : [Contacter le service webmestre en cas de difficulté de retrait ou autre problème, avis, Cnil, etc.]

Quoiqu'il se passe, le sommet de Copenhague n'est que le début d'une nouvelle ère, d'un nouveau chemin sans retour.

Demain est déjà là que nous contribuons, chacun là où nous sommes, à préparer.

Il faudra faire évaluer l'espérance ou les regrets nés de ce sommet, premier du genre mais non singulier.

Il faudra prendre en compte que les dérèglements climatiques ne se résument pas à combattre le CO2. Les atteintes à la nature semblent bien le plus souvent précéder le réchaufement et non le suivre : voilà une donnée qui, Copenhague réussie ou pas, n'a pas fini d'ébranler des convictions que la plupart croyaient solidement assises !

Il faudra faire entrer les décisions dans le cycle économique, la monnaie et la finance car, aucun objectif contraignant n'a de sens sans glaive armé pour le défendre. Et, le plus pacifique reste encore l'intérêt bien compris de tous ! Car, les bons sentiments affichés par les nations ne cachent encore que les arrières-pensées de leurs propres lobbies. Plus ils s'affichent généreux, plus, parfois, ils sont suspects.

Il faudra sortir des idées du passé et considérer que la défense de la Nature n'est pas une affaire de justice climatique - l'Homme occidental n'est ni Dieu, ni Diable, ni Maître - mais une simple question de solidarité de l'humanité.

Il faudra...

Attendons pour l'heure. Et travaillons loin du café du commerce.

Une fois de plus, c'est la seule et humble ambition de cette lettre.

Patrice Hernu
Président du réseau France Bleue 



Commentaires (extrait)

Il faudra dire que le co2 n'est pas dangereux ( moins que les déchets nucléaires ) mais seulement de plus en plus mal recylé et que le réchauffement climatique est une bénédiction si on irrigue bien la terre( ça pousse mieux ).

A propos d'irrigation , il faudra dire aussi qu'il faut arrêter de pomper l'eau souterraine( même pour irriguer en goutte à goutte ) qui est nécessaire au fontionnement du climat et qu'il faut remettre de l'eau dans les espaces souterrains des continents secs et que l'irrigation peut être gravitaire sur toute le terre , c'est à dire que l'eau peut être acheminée en n'importe quel point de la planète en suivant les courbes de niveau .

Il faudra aussi leur dire que en suivant les courbes de niveau avec l'eau on garde son énergie potentielle (que lui à donné le soleil) et qu'elle peut être restituée en tout point du territoire indéfiniment.

Il faudra leur dire aussi que tout le monde est autorisé à visiter le site des biefs du Pilat ou ce concept de la gestion globale de l'eau est expliquée en long , en large et en travers....

Il faudra leur dire que si ils veulent plus d'explications je suis disponible pour irriguer la planète et faire reculer les déserts et que c'est urgent.

France Bleue vous propose de visiter le site des Biefs du Pilat



  • Lettre de décembre : Copenhague, c'est parti... [7/12/2009]
  • Autres commentaires
  •      

    Lettre de Novembre 2009

     
    Extraits

    Cette lettre contient :

    Yves Martin nous livre ici son analyse en forme de testament. Principal collaborateur de Jean-Louis Borloo et de Michel Rocard pour la commission sur la taxe carbone - qui l'a mis dans une rage certaine mais nous y reviendrons ! -, il travaille également avec notre réseau depuis de nombreuses années pour le plus grand bénéfice de nos anlyses.

    Extraits du texte d'Yves Martin

    L’organisation internationale de la lutte contre le changement de climat est aujourd’hui axée, dans les pays industrialisés, sur des engagements de chaque pays sur leurs niveaux  d’émissions à une échéance donnée.

    Or le niveau des émissions de chaque pays  dépend d’un très grand nombre de facteurs :  du PIB par habitant, de la densité de population, du climat local et de ses évolutions en cours , des ressources énergétiques locales, de la division internationale du travail, des choix d’investissements lourds peu réversibles qui ont été faits à une époque où l’on ne prévoyait pas le changement de climat (conception de l’habitat, infrastructures de transports, organisation urbaine, organisation de la production industrielle, mode de production d’électricité).....

    L’impossibilité de définir, à priori, une clef de répartition équitable de ces engagements de résultat, constitue un frein très fort à l’adoption d’engagements suffisants : à Kyoto a été décidée une baisse moyenne, entre 1990 et 2012, de 5 % seulement des émissions des pays industrialisés signataires, soit 6 fois moins que l’augmentation prévisible des émissions des pays non signataires, sur la même période.

     

    Les 8% de réduction d’émission de l’Union Européenne, seront atteints, pour l’essentiel, par des changements d’énergies pour produire l’électricité (ce qui ne demande aucun changement de comportement de la part des européens qui manipulent toujours le même interrupteur) et par la chute du mur de Berlin qui a déclenché dans les pays de l’Est une rénovation profonde, économique et énergétique très bénéfique. Le partage, entre les états membres de cette réduction modeste de 8% entre 1990 et 2010 a été inévitablement arbitraire ce qui freinera la suite si on persiste dans cette voie : Kyoto ne constitue pas un précédent qui démontre que l’on peut espérer augmenter, à la vitesse nécessaire, les niveaux des engagements nationaux sur la réduction des émissions et le nombre de pays engagés.

     

    Texte complet


    La lettre complète de Novembre 2009
         

    Lettre d'octobre 2009

     

    Cliquer pour élargir

    A la veille de la conférence de Copenhague, mieux situer la responsabilité de l'homme dans les déréglements climatiques est essentiel car cela guide le curseur des priorités entre atténuation ("mitigation") et adaptation d'une part, lutte contre les pures émissions de CO2 et protection du cycle de l'eau, de la biodiversité, des terres et des forêts d'autre part.

    Se fondant sur les conclusions du GIEC, certains considèrent -ou considéraient mais c'est l'occasion de faire le point- que la responsabilité essentielle sinon totale du réchauffement incombe à l'homme. C'est le point de vue défendu officiellement par
    - Pascal Légitimus, comédien, ambassadeur de la campagne pour la lutte contre les changements climatiques auprès de la Commission européenne ;
    - et Jean-marc Jancovici, ingénieur, spécialiste de l'énergie et du climat.

    Ils ont été invités à nous présenter leur point de vue et à débattre.

    L'aggravation des "conditions climatiques" nous apparaît clairement liée à l'activité humaine. Toutefois, pour nous, le débat sur les mécanismes demeurent.
     
    Les arguments d'Allegre qu'il recopie en fait des travaux de nombreux universitaires américains, notamment climatologues, y compris écologistes réputés, ne sont pas forcément tous faux ! Ce sont "ses" conclusions qui apparaissent erronées. Elles travestissent les arguments qu'il utilise.

    "Il semble désormais à peu près acquis que le dégagemenent de CO2 n'entraîne une altération anthropique sensible du climat qu'à partir du moment où les capacités d'absorption à ph constant par l'océan sont atteintes. Mais, selon les études et notamment les plus récentes,tel est bien le cas depuis au moins 20 ans.
     
    En conséquence, l'acidificatiion qui intervient par compensation du ph qui s'abaisse, détruit la biodiversité et les capacités de stockage de l'eau (et du carbone) dans les terres, l'humus et les forêts. Comme ces derniers sont également atteints par l'action directe de l'homme sur ces milieux, la part de l'eau dans l'atmosphère -en réalité le facteur déterminant direct de l'effet de serre tandis que les GES sont les médiateurs et les catalyseurs de cet effet - devient excédentaire. Et, tout se dérègle.
     
    L'homme est donc bien la cause finale des déréglements mais, les mécanismes avancés dans la vulgate climatique et parfois dans le rapport dit des décideurs de l'IPCC constituent encore, malgré les progrès de l'IPCC-IV par rapport à l'IPCC-III, une simplification abusive.
     
    En clair, cela met effectivement un terme au débat politique sur la nécessité de combattre le CO2 émis et surtout de protéger terres, forêts et cycle de l'eau. Cette nécessité est acquise. Même les grands patrons américains ne s'y sont pas trompés et, au départ réticents, ils ont eux-mêmes proclamé cette urgence. Cela ne met pas un terme à la recherche et à la compréhension des mécanismes, ce qui est indispensable pour se préparer également à l'inévitable "adaptation". [Patrice HERNU, en conclusion lors d'une précédente conférence]
     
    Fixer les priorités de la lutte internationale exige une meilleure compréhension des phénomènes. Surtout au niveau continental. Les dernières avancées de la science climatique, particulièrement depuis un an, par exemple sur le rôle de l'antartique ou sur les séquences H2O-C2O, enrichissent enfin la connaissance du climat et, de ce fait, constituent de nouveaux guides pour l'action. Il serait criminel de ne pas en tenir compte au nom d'une vulgate religieuse."

     Suite de la lettre d'octobre 2009

         

    Deux Propositions visant à permettre valorisation régionale (africaine) des ressources « critiques » du développement durable dont, a contrario, l’Afrique est encore riche sans pouvoir les exploiter dans des conditions de « soutenabilité équitable »

     Peut-on développer un système monétaire et financier régional aptes à répondre à ces objectifs ? Cela non seulement pour lui-même mais également globalement en offrant une plate-forme de transition vers la durabilité des écosystèmes rendant des services aux sociétés ainsi que vers une économie consommant moins de carbone,  émettant peu de gaz à effet de serre et établissant un pont entre les monnaies de réserve de l’Afrique et la valorisation des ressources rares spécifiquement africaines.

     
    Première proposition
    Il est proposé de créer une banque de compensation des ressources de l’Afrique qui seraient à la fois « critiques pour la soutenabilité » et utile au développement. Cette institution aurait pouvoir :
    1. De fixer les règles de l’intégration de ces ressources dans la compensation (quelles ressources, quel suivi, quels contrôles, etc.) ;
    2. D’intervenir sur les marchés locaux de ces ressources avec l’aide des autres institutions financières et monétaires de l’Afrique ;
    3. D’éditer des certificats monétaires gagés sur ces ressources (éventuellement en partenariat avec le FMI) utilisables par les Etats Africains en complément de leurs monnaies de réserve (cf. médaillon) dans des conditions qui pourraient être définies par accord de type convention entre les Etats et une ou des Institutions Internationales (PNUD, ONU, FMI).
    La valeur de ces certificats échangeables sur le marché monétaire fixerait enfin une valeur, un prix « équitable » pour ces ressources, stabilisé par l’intervention de cet organisme sur les marchés, le FMI n’intervenant qu’en appel en cas de défaillance ou crise grave.
    Ce fond monétaire continental des ressources critiques devra par ailleurs (sujets de débat) :
    ·         Permettre les compensations utiles sur le continent (à commencer par le carbone).
    ·         Négocier des dispositifs de régulation des quantités mises à la disposition de l’économie pour arbitrer entre préservation des ressources (soutenabilité) et développement
    ·         Poser le principe que les monnaies de réserves de l’Afrique puissent en partie s’appuyer sur ces formes de valorisations  voire être reliées aux différentes formes de microcrédits.
    ·         Fixer le cadre, coordonner et légitimer des Fonds régionaux de développement.
    ·         Lancer un « Globa-local Round » pour fixer dans quelle mesure, les formes locales et régionales de crédit pourraient être intégrées à la monnaie internationale.
    ·         Valider les systèmes de mesure et de surveillance des ressources naturelles et des services rendus par les écosystèmes de manière à connaître avec précision, leur contribution économique à la satisfaction des besoins à moyen et à long terme.
    ·         Proposer avec le PNUD des méthodes d'évaluation des services des écosystèmes et des ressources naturelles chiffrant correctement la part durable du capital naturel, en les assimilant à des «revenus» consommables - c'est-à-dire en appliquant un facteur négatif dès lors qu’ils entament la capacité de régénération des ressources.
    ·         Identifier au sein des PIB de l’impact, en tant que projection économique de ce système des éléments « non durables » de l'activité économique.
    ·         Développer de nouvelles industries fondées sur la gestion durable des ressources naturelles et les services rendus par les écosystèmes. 
    ·         Refonder les processus financiers qui viennent en appui du co-développement.
    ·         Légitimer les «contreparties» par la création de garanties reposant sur le rétablissement ou le maintien des services des écosystèmes et la bonne gestion des ressources naturelles.
     
    Seconde proposition
     
    Le fond de roulement nécessaire à une intervention efficace de ce fond sur le marché des ressources critiques pourrait être alimenté par une taxe de stabilisation (type Tobin améliorée) prélevée sur l’ensemble des transactions financières intercontinentales concernant ces ressources.
     

    Notre position sur l'annulation de la taxe carbone

    Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi 29 décembre 2009 avoir annulé la taxe carbone. Cette décision semble avoir pris de court les responsables politiques de tout bord. Elle devait entrer en vigueur le 1er janvier. La Conseil a estimé que la loi crée trop d'exemptions, ce qui est "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une inégalité face à l'impôt.

    Les juges constitutionnels avaient été saisis très tard, le 22 décembre, par les parlementaires socialistes sur le projet de budget pour 2010 instituant cette nouvelle taxe verte après s'être rendu à l'évidence de certains arguments avancés dès la présentation du dispositif par Ségolène Royal. Elle avait été immédiatement taxée d'anti-écologiste ! Aujourd'hui, il n'est pas un responsable qui ne prétend l'avoir dit ! Laissons cela au jeu politicien.

    Toujours est-il que notre réseau, tentant un soutien "intelligent" du dispositif en avait clairement souligné les incohérences. Nous n'avons pas été entendus. Nous avons dénoncé les illusions de l'écologie populaire à la Hulot-Borloo-Gossement-Jouanno. Nous avons salué l'intervention finale du président de la République qui avait essayé en vain de limiter la casse d'un dossier mal préparé. Nous n'avons pas changé d'un iota nos analyses depuis deux ans et ceux qui ont en fait condamné ce dispositif par leur mauvais conseil au gouvernement se mêlent aujourd'hui au concert des conseilleurs imprudents. Ils proposent même, comme Cécile Duflot de la ré écrire tout en aggravant les motifs qui l'ont fait condamner. 

    Tel est également le cas de France Nature Environnement ou du moins de son porte-parole qui dès l'annonce se fend d'un communiqué pour condamner l'annulation. Arnaud Gossement est certes d'une certaine logique puisque ce projet tient beaucoup aux mesures liées à la compensation, mesures qui lui ont été soufflées par Hulot, Borloo et Greenpeace au grand dam d'ailleurs d'Yves Martin, bras droit désespéré de Michel Rocard dans cette aventure. Nous avons suffisamment publié ses craintes dans nos colonnes quant à un projet dont il défend l'architecture, sous tous les gouvernements, depuis qu'il a été le premier fondateur de la Mission Interministérielle sur l'Effet de Serre.

    Evidemment ! Il fallait compenser les ménages puisqu'ils étaient les seuls à payer. Pourquoi ? Parce que l'Europe et son fameux paquet climat-énergie dont chacun a pu voir l'effcicacité lors du sommet de Copenhague, a entériné la pérennité d'un système toxique de quotas qui, de fait, exonère près de 1600 des plus gros contributeurs français. Les exonérations complémentaires pour le transport et les agriculteurs n'ont fait qu'entériner la situation  qu'a créée le dispositif proposé et discuté par les ONG. Ne renversons pas les choses. Et, s'il y a faute du tandem Borloo-Jouanno, c'est d'y avoir donné suite.

    La position initiale d'Arnaud Gossement, condamnant que le Conseil ait annulé "son' accord est logique, mais pas très républicaine. Car, on ne critique pas une décision du Conseil Constitutionnel sans avoir de solides raisons. Dans ce cas, elles manquent à l'appel. Or, la position, du porte parole de FNE avait l'inconvénient de ne pas permettre une attaque du Président de la République.  Normal puisque tout a été négocié avec le Ministre du développement durable, ce que nous avons dès le début dénoncé. Il est juste de consulter les syndicats. Il est anti-républicain de les instituer dans un rôle pérenne qui revient aux partis politiques, fusse au nom du Grenelle de l'Environnement !

    Assez rapidement, les Verts sont passé à l'attaque, dès mardi soir. Pour eux qui ne s'embarassent pas du soutien qu'Europe Ecologie a reçu des amis de Jean-Louis Borloo, il s'agirait d'un désaveu de Sarkozy lui-même !  Arnaud Gossement, dès lors, sur son blog et sur Facebook bredouille, sent le problème et passe des heures à se contredire. A minuit, ce projet de taxe carbone n'était plus le sien ! Avant que le Président de FNE, Michel Genest, un homme qui sait où est l'intérêt bien compris de sa fédération et partant l'intérêt général, une fois de plus, tempère à juste titre la position de la fédération syndicale des associations environnementales et conseille d'attendre de voir comment Fillon aborderait le problème.

    Evidemment, le porte-parole de FNE confond le syndicalisme environnemental et l'arène politique dont sans doute - c'est son droit - il rêve.  Ce signe des temps méritera le moment venu d'être commenté : mépris de la cour de recours de la République, parole portée dans la commission Rocard et dans les medias en place des politiques, tout cela concourt à un travail de sape de l'idéal républicain et de la démocratie. Ce processus que nous avons vu à l'oeuvre à Copenhague, qui a conduit ce sommet à l'échec car, au final, devant l'incongruité de l'absence de légimité démocratique des ONG, il a bien fallu mettre un terme aux ambitions décalées des parvis Onusien et tout particulièrement du groupe de Bildebgerg qui appelle à une gouvernance... non gouvernementale.

    Que des ministres français, notamment prétendument à la tête d'un parti qui devrait radicalement incarner le parti républicain au sens propre du terme, se soit laissé abuser est un autre symptôme du déclin politique.

    Revenons à la taxe. 

    Le gouvernement, par la voix du Premier ministre François Fillon, ne pouvait accueillir la décision du Conseil constitutionnel de censurer la taxe carbone mardi soir, qu'en déclarant qu'un nouveau texte serait présenté. Et ce dès le 20 janvier, en conseil des ministres, en prenant « pleinement compte des observations » des Sages même si des rumeurs repoussent la loi à une date avant l'été.

    Ne revenons pas sur le fait de savoir si une réforme présentée comme primordiale a pu être si mal préparée au point d'être rejetée en bloc  ! Comment les services pourtant très compétents de l'Etat ont pu être écartés, comme d'ailleurs la secrétaire d'Etat à l'écologie, au profit d'une technocratie sans mandat, comment un Ministre qui se méfie certes des grands corps a pu se laisser abuser par des conseilleurs qui clairement sont d'autant moins les payeurs qu'aujourd'hui ils s'en lavent les mains et font porter la responsabilité sur... les autres. Elections régionales obligent. Et le gouvernement part à l'abbatoir sans vrais écologistes dans ses candidats autres que ceux d'une écologie populaire qui n'a eu de cesse de couvrir ce processus.

    Qu'a dit le Conseil constitutionnel ?

    La claque infligée par le Conseil constitutionnel  est violente. Elle ne peut être mise sur le compte d'un réglement de compte politique :

    • « Considérant que 93% des émissions de dioxyde de carbone d'origine industrielle, hors carburant, seront totalement exonérées de contribution carbone ;
    • que les activités assujetties à la contribution carbone représenteront moins de la moitié de la totalité des émissions de gaz à effet de serre ;
    • que la contribution carbone portera essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l'une des sources d'émission de dioxyde de carbone ;

    par leur importance, les régimes d'exemption totale institués sont contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créent une rupture caractérisée de l'égalité devant les charges publiques. »

    Pourquoi  ce refus sans concession ?

    Les Sages reprochent au gouvernement d'avoir sciemment exempté la plupart des gros pollueurs industriels, au motif qu'ils étaient déjà soumis au système des quotas européens. Il est clair que notre réseau a signalé cette incompatibilité dès la négociation du paquet climat-énergie européen. Ce paquet la France l'a trouvé sur son bureau en janvier 2008. Alors que nous militions pour une taxe européenne extérieure et intérieure commune, France Bleue a immédiatement expliqué que ce paquet ne permettrait pas la mise en place des promesses du Grenelle. Rires des ONG. Je suis allé moi-même l'expliquer à la commission ad hoc du parti radical. Rapport a été remis à Jean-Louis Borloo. Réponse du cabinet : le Ministre veut une taxe climat pour alimenter la croissance verte sans demander l'autorisation à Bercy. Bigre ! Donc en infraction avec les règles les plus élémentaires de la fiscalité ! Je n'ai même pas voulu y croire. Et pourtant !

    Certes, la France voulait l'accord à tout prix de peur d'un désaveu public en cas d'échec. Il fallait refuser ce paquet dès le départ. Pour obtenir l'accord, la France  a accepté 163 exemptions au système des quotas, accepté le report de la mise aux enchères, accepté de discuter avec les pollueurs d'Europe du Nord et d'ex de l'Est que nos verts continuent de présenter comme des modèles.

    Le problème que pose  le Conseil constitutionnel dépasse donc de beaucoup ses critiques techniques sans appel :

    « Si certaines des entreprises exemptées du paiement de la contribution carbone sont soumises au système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre dans l'Union européenne, il est constant que ces quotas sont actuellement attribués à titre gratuit et que le régime des quotas payants n'entrera en vigueur qu'en 2013 et ce, progressivement jusqu'en 2027. » 

    En effet, l'argument de Michel Rocard et des ONG de mettre la taxe au niveau auquel devrait se situer le cours d'achat des droits échangés est une monstruosité : 32 Euros. Or, le gouvernement a suivi comme un seul homme en le fixant à 17 Euros parce que le marché est à 17 Euros. Mais ces 17 Euros sont reversés aux entreprises qui les vendent. Pas à l'Etat. Ils sont auto-compensés. La volonté de courcircuiter l'Etat est tellement patente ! Il suffit de lire les propositions de FNE à la commission Rocard pour comprendre que la compensation verte qu'elle proposait n'était qu'une extension de ce système.

    Par ailleurs, toute une série d'autres exemptions avait été ajoutée par le gouvernement lui-même et le Parlement, ce qu'a reconnu honnêtement François Fillon. Certains évoquent l'influence des lobbys. Mais comment les agriculteurs et les transporteurs pouvaient-ils accepter d'être les dindons de cette farce !

    Chacun comprend bien pourquoi une compensation a été proposée aux ménages et aux petites PME ! Il n'y avait plus qu'eux à payer la taxe pour l'affichage de la politique de Borloo.

    Prétendre que Sarkozy a voulu cela est ridicule. Un député, et non des moindres, un de la défunte Ecologie Populaire, pourtant de bonne foi, se laissant emporter par cette auto-intoxication manière Grenelle, répliquait mardi soir sur sa page Facebook à un de mes amis que saluer l'annulation par le conseil était de l'anti-sarkozysme primaire. Quelle bêtise !

    Chantal Jouanno suivait mercredi à distance. Les Verts et la gauche n'avaient plus qu'à dénoncer la méthode Sarko. Bravo messieurs !  Les écolos-godillots de l'UMP leur ont donné raison par avance. Ils ont cassé Sarko et prétendent le servir.

    Quelle taxe carbone pour demain ?

    Malgré l'ampleur de l'obstacle qui se dresse, le Premier ministre continue d'affirmer que la taxe carbone demeure « une priorité du président de la République ». Les alternatives qui s'offrent au chef de l'Etat se heureront aux réalités :

    • Choisir de taxer tout le monde, mais il faudra assurer la compatibilité avec le système des quotas et donc, sans doute, aller plaider la cause devant l'Europe ;
    •  Indemniser les ménages les moins aisés et les secteurs qui devaient être exemptés, mais cela implique de laisser la taxe à 17 Euros car l'Etat ayant besoin de recettes, il n'est pas possible de compenser à tout va. Sans compter que la compensation posera d'autres problèmes et qu'il est impensable d'augmenter les impôts, d'autant que sur l'essence,la taxe carbone réelle, une fois retiré le coût réel de la route est largement supérieur à 100 Euros la tonne de CO2.

    En fait, le concept même de compensation est ici encore - comme pour le carbone compensé d'ailleurs - une mauvaise idée. S'il faut aider les ménages les moins aisés ou captifs d'une carbone dépendance, le dispositif doit être séparé du dispositif de la taxe et sa pérennité indépendante. Ou être conditionné par des mesures de sortie de cette dépendance. Si des entreprises sont elles-mêmes soumises à une dépendance de ce type sans pouvoir s'en dégager immédiatement, les aides doivent être conditionnées à des mesures s'intégrant dans le plan de réduction des émissions. Rien de tout cela ne s'improvise. Qu'a t-on fait depuis la promesse du Grenelle alors que nos réseaux ne cessent de travailler sur ces questions ?

    Il est peu probable que d'ici le 20 janvier l'ensemble des difficultés seront levées. Seul un cadre peut être fixé Reconstruire une adhésion populaire sera difficile d'autant que la proximité des régionales incite au double langage comme les premières réactions en ont donné le triste spectacle.

    Après le sommet de Copenhague ait été présenté - à tort - comme un désastre, avec la complicité du gouvernement, Nicolas Sarkozy n'a plus d'autre choix que de réussir. Repartir avec dans ses basques les responsables qui ont fait le lit des vraies ennemis de la taxe, ceux qui ont fait mine de se lamenter de la décision du Conseil tout en sablant le champagne, ne peut conduire qu'à un nouvel échec. D'autant que ce serait  le risque assuré  d'une impopularité  croissante dans son propre électorat qui a commencé de comprendre que l'écologie n'était pas une idéologie née toute armée du cerveau de tous les Hulot en herbe, que le programme des verts n'était pas le sien et que faire son marché dans leur panier ne pouvait conduire qu'à des désillusions.

     Bref, être crédible sur le plan de l'écologie, être réaliste et répondre à l'appel des électeurs du bons sens, ne peut se faire qu'en remettant en première ligne de vrais écologistes.

    Il est encore temps. Mais la colère des vrais écologistes qui avaient fait confiance monte.

    Patrice HERNU
    Président du réseau France Bleue


    Imprimer cette Weblettre