Les enjeux mondiaux du développement durable sont nombreux, et commencent par la paix et le respect des droits de l'Homme comme proclamés, par exemple, dans la Déclaration universelle des Nations Unies de 1946.
Initialement énoncé comme « développement soutenable », ou « sustainable development » dans son origine en langue anglaise, cette notion s’entend non pas comme un développement qui serait statique et immuable dans sa notion temporelle, mais « un développement assurant la vie et l'équilibre dans la durée. »
Sans revenir sur toutes les dates clés, ce concept a fait jour plus clairement il y a une vingtaine d’années dans le rapport Rapport Brundtland présenté le 4 Août 1987 à l’O .N .U., "Un avenir pour tous", du nom de Madame Gro Harlem BRUNTLAND, ancien Premier Ministre de la Norvège. L’objectif affirmé de ce mode de développement étant « … de répondre aux besoins du présent, tout en préservant les besoins des générations futures et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d'accorder la plus grande priorité ... ».
Cette idée généreuse repose à la fois sur une vision globale du monde, mais aussi sur un discours constatant les périls que nous font courir les évolutions actuelles des sociétés humaines, en nous invitant avant tout à une pratique et à une démarche commune, tendant à une solidarité du moment, mais aussi avec les générations futures.
Le développement durable, nouveau paradigme de l'action collective, nous oblige à repenser nos objectifs à long terme, tout en tenant compte de la diversité des sociétés et des nouvelles imbrications des niveaux de gouvernance, et donc d’une incontournable évolution des modes de décision collective au sein même des institutions internationales, le développement durable devenant ainsi une composante essentielle de la stratégie.
Jusqu’au début des années 90, le monde a vécu dans un système divisé principalement en deux zones d’influence, issus directement des accords de Yalta de 1945, nés eux d’un monde sortant de la terreur. Cependant, même si cette bi-polarité a pu contenir géographiquement des conflits pendant 45 ans, la fin du communisme n’a pas fait naître de façon automatique la démocratie, comme certains ont pu l’imaginer, et au contraire elle a surtout réveillé les nationalismes et son lot de tensions ethniques.
Durant cette période, aucun nouveau projet politique mondial n’a vu le jour pour faire face à cette situation géopolitique nouvelle.
De surcroît, le concept de souveraineté nationale fait l’objet de débats acharnés depuis une quinzaine d’années, alors que notre conception des relations internationales est basée dessus, et ce depuis les traités de Westphalie de 1648 !
Et pourtant, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le nombre d’états a pratiquement quadruplé !
La gestion des relations internationales doit donc faire face à d’immenses défis, car les nouveaux enjeux primordiaux de notre monde ont aussi, d’une certaine manière changé d’aspect, même opérés une mutation.
En effet, les changements climatiques, par exemple, vont modifier en s’amplifiant les relations internationales entre les états.
L’état de notre planète et des conditions de vie qui y sont liées sont de notre responsabilité, car notre action va contribuer à la stabilité et à la paix dans le monde.
Les questions liées à l’accès à l’énergie, à l’eau potable, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation sont les facteurs nouveaux à intégrer dans l’équation de relations internationales. Si 80% des richesses produites sont aujourd’hui consommées par 20% des habitants de notre planète, qu’en sera-t-il en 2050 quand la population mondiale sera passée d’un peu plus de 6 milliards à presque 10 milliards d’êtres humains ?
On estime que les concentrations de gaz à effet de serre produites directement ou indirectement par l’homme risquent de faire augmenter la température de notre planète de 2°C à 6°C durant le 21ème siècle !
La paix future et l’équilibre mondial passent aussi par la protection des écosystèmes et des ressources naturelles particulièrement menacés.
Car, avec les effets de sécheresse, de fonte des glaces des montagnes et aux pôles, de la montée des océans, notre planète n’est plus à l’abri d’une fréquence soutenue d’inondations, de tempêtes et d’ouragans, avec son cortège d’effets induits que représentent les épidémies, les migrations, et les violences diverses.
Les emblématiques changements climatiques profonds, avec les conséquences qu’elles provoquent à court et à long terme, modifient déjà les rapports entre les différentes régions du monde.
Après les réfugiés des guerres ethniques, naissent déjà les réfugiés climatiques !
La diplomatie traditionnelle qui avait pour objectif de réguler les conflits « traditionnels », au mieux aussi des intérêts des états, est donc confrontée à de nouveaux défis.
Cependant aujourd’hui, avec la mondialisation, vainement encore si souvent décriée, chaque pays, et même chaque être humain, vit une révolution permanente en temps réel, grâce au développement des technologies de l’information et de la communication.
Il nous faut pourtant maîtriser positivement cette évolution-révolution si l’on veut éviter une instabilité plus importante et surtout plus dangereuse pour l’équilibre de notre planète.
Mais, ont émergés aussi sur la scène internationale de nouveaux acteurs s’octroyant librement leur part de « marché » dans le concert des relations internationales.
Outre l’individu, consommateur lui-même, qui peut essaimer au travers d’un simple « blog », il y a l’ensemble des organisations internationales gouvernementales (OIG), les organisations non gouvernementales (ONG), les syndicats, les groupements et lobbies divers transnationaux, les mouvements religieux et même les entreprises internationales, dont le poids est devenu conséquent, même s’il reste le plus souvent, mais c’est aussi peut-être son avantage, sa force et sa liberté, en dehors d’un statut juridique formel, ne s’exprimant pas, par exemple, au sein de l’ONU.
La diplomatie, et surtout le monde des relations internationales, a donc de nouveaux concurrents très organisés, dont les objectifs ne seront pas toujours la paix durable.
Il devient de plus en plus urgent, sinon d’une « ardente obligation », de repenser les concepts des relations internationales, comme mission régulatrice, en réinventant de nouvelles solutions en matière de politique étrangère.
Dans le cadre d’une nouvelle pensée planétaire, éclairée par la lumière d’un nouvel esprit de coopération, il est incontournable de se positionner à l’intersection des trois piliers nécessaires à l’émergence même du développement durable que représentent la protection de l’environnement, le développement économique et le développement social.
La gageure est de taille, mais dès aujourd’hui, les droits de l’homme passent désormais aussi par les droits de la planète, c’est à la fois tout l’enjeu et tout le défi de concilier Diplomatie et Développement Durable.
Christian GRUSQ
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