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VA T ON ENCORE CONTINUER LONGTEMPS A FONCER DANS
LE MUR, ALORS QU’IL EST POSSIBLE DE CONSTRUIRE ET DE RÉHABILITER EN GÉNÉRANT DES
ECONOMIES DURABLES POUR TOUS
!
La France excelle dans les formules chocs et les
grands discours : « la maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Elle se targue de « faire de la HAUTE Qualité
Environnementale » (marque déposée !…) alors que nos voisins réalisent au
quotidien, depuis des décennies de la qualité environnementale.
« Faire de la France, d’ici 2009, l’un des
pays de l ‘union européenne le plus engagé dans la mise en œuvre du
développement durable !! »
Assez de déclarations incantatoires, des actes !
QUELQUES QUESTIONS
QUI DERANGENT :
-
Pourquoi faut-il franchir nos frontières pour visiter quantités d’opérations
performantes au plan environnemental ?
-
Pourquoi l’état français se contente-t-il de promulguer mi 2006, avec
pratiquement un an de retard, la bien timide RT 2005 :
il faudra probablement réhabiliter « thermiquement » avant 2015 les bâtiments
construits sous cette réglementation!
-
Pourquoi avoir attendu 2007, pour lancer des appels à la recherche pour des
immeubles d’habitation à énergie positive ?
-
Pourquoi si peu d’ambition sur le parc existant alors qu’il serait techniquement
et économiquement possible de diviser par 8 ou 10 les consommations
d’énergie sur une bonne partie de celui-ci !
-
Pourquoi s’obstiner à ne pas considérer les enjeux sociaux et architecturaux . A
t on seulement pensé aux conséquences humaines et matérielles que pourrait
engendrer un hiver particulièrement rigoureux si les bâtiments sont
économiquement inchauffables ?
-
Pourquoi cette avalanche de dépôts de demande de permis de construire à la
veille de la mise en application de la RT 2005 ; est-ce « pour le plaisir » de
construire une dernière fois, en toute légalité, des bâtiments dispendieux ?
-
Pourquoi en 2007 renonce t on encore à isoler des bâtiments collectifs
(totalement dépourvus d’isolation sous prétexte que l’investissement
correspondant ne pourra être répercuté sur le locataire. Ce dernier pourrait
pourtant voir diminuer sa charge mensuelle (loyer + charge). Préfère-t-on
continuer à rafistoler tous les 10 ou 15 ans, voir à démolir des immeubles qui
n’ont même pas 30 ans ?
-
Pourquoi ne pas dépasser le « sacro-saint » ratio de 33% d’endettement quand il
permet de financer des économies d’énergie durables et d’abaisser l’endettement
mensuel du ménage (remboursement de l’emprunt + charges). Préfère-t-on le
revoir en commission de surendettement lorsqu’il ne pourra plus faire face aux
dépenses de chauffage et de transport !
- Pourquoi le bailleur social et le banquier ne
raisonnent- ils pas sur le couple : loyer/remboursement d’emprunt + charges ?
RESPONSABLES MAIS
PAS COUPABLES ?
Faut-il condamner les acteurs de la construction et du cadre de vie ?
Les concepteurs et les entrepreneurs conçoivent et construisent en fonction du
budget alloué .
On serait tenté d’incriminer les maîtres de l’ouvrage (publics ou privés) mais
on aurait tort ; ils « font avec » la solvabilité du locataire ou de
l’acquéreur et n’ont aucun pouvoir sur cette dernière.
Notre retard en matière de développement durable
s’explique donc tout simplement par l’ineptie de nos modes de financement :
notre incapacité chronique à ne pas raisonner en « économie globale ».
La France est la seule à parler de « surcoût HQE » ? Ailleurs, on a
parfaitement compris qu’investir en amont dans la qualité engendre durablement
de l’économie pour tous. On préfère s’en prendre aux acteurs. Or ils sont
excellents comme ils le démontrent à chaque fois qu’ils sont placés en situation
de bien faire.
Mais ces occasions sont malheureusement bien rares ! Pourquoi ? Parce que depuis
des décennies, nous nous sommes laissé engluer par toutes sortes de
réglementations et pratiques obsolètes dont beaucoup semble s’accommoder.
Est-ce notre système législatif à courte échéance (tous les 5 ans) qui interdit
toute vision à long terme ?
HEUREUSEMENT, DES
FACTEURS DE CHANGEMENT SONT EN PLACE :
-
LA PEUR DE LA CATASTROPHE : Plus personne ne met en doute la réalité du
réchauffement climatique, la hausse inéluctable du prix de l’énergie et
l’importance de la question du logement. Les principaux candidats à l’élection
présidentielle ont signé le pacte écologique, et nous attendons avec intérêt la
déclinaison de leurs actions et mesures concrètes.
-
LA REVALORISATION DU PATRIMOINE : grâce à l’affichage de la performance des
logements (classes A à G) en kWh/m2/an et en émission de CO2 . Il va
devenir un élément déterminant pour fixer la valeur du bien.
-
LA DYNAMIQUE DES REGIONS qui ouvrent régions la voie de la modernité durable
avec le label EFFINERGIE.
- L’AVIS DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL sur « les
politiques de l’urbanisme et de l’habitat face aux changements climatiques ».
Après un diagnostic sans complaisance et la
critique de nos politiques nationales, cet avis remarquablement argumenté
propose toute une série de mesures concrètes ; celles la même que l’UNSFA prône
depuis des années :
1/ DEGAGER CLAIREMENT LES PRIORITES
DANS L’ACTION PUBLIQUE : développer la formation initiale et continue en partenariat avec l’ensemble
de la filière la maîtrise d’œuvre, revisiter le continu des formations
initiales professionnelles du secteur du bâtiment
2/ DONNER UNE COHERENCE AUX POLITIQUES
DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT :
mettre en place des projets locaux
d’aménagement et de développement durable, poursuivre et développer une
politique des transports adaptée, concevoir un nouvel urbanisme respectant
mixité sociale et diversité des activités, privilégier les espaces verts,
maîtriser le foncier
3/ LEVER LES OBSTACLES A LA
DIFFUSION DE L’INNOVATION :
relever le défi de la mise aux normes du parc existant, lever les barrières
et dépasser les contraintes administratives
4/ APPLIQUER DES REGLEMENTATIONS
COMPRISE PAR TOUS : établir
un diagnostic thermique et un « bilan carbone, renforcer et contrôler
l’application de la réglementation thermique
5/ METTRE EN PLACE UNE COMMUNICATION
TRES PEDAGOGIQUE ET UNE GOUVERNANCE ADAPTEE :
animer
le débat public et organiser la communication, affirmer le rôle de
l’état, renforcer et coordonner les missions des collectivités
6/ ADOPTER UNE STRATEGIE FINANCIERE
NOVATRICE : initier une
véritable politique volontariste pour l’existant, comme pour le neuf,
planifier l’effort budgétaire de l’état, faire évoluer les politiques
fiscales locales mettre en place des outils de financements nouveaux, mieux
impliquer les secteurs bancaires et assurantiels.
À ces six mesures de bon
sens, l’UNSFA en ajoute une septième :
7/ CONCEVOIR ET CONSTRUIRE AUTREMENT : tendre
vers le « sur-mesure » au prix du « prêt à porter »
Les besoins en logements
sont énormes, les carnets de commandes des entreprises sont pleins, il y a
pénurie de main d’œuvre, les prix s’envolent, la sinistralité reste importante,
la non-qualité pèse au moins 14 milliards d’euros par an !
Face à ces constats, il est temps de sortir le
bâtiment de l’âge de pierre ; d’énormes gains de qualité et de productivité
reposent sur un changement de pratiques : démarche qualité, démarche de
conception détaillée puis préfabrication en « milieu aseptisé » de composants
(réduction des aléas de qualité) qui sont ensuite assemblés sur le chantier
(réduction des aléas de mise en œuvre) avec des délais réduits (réduction des
nuisances et des déchets).
Cette démarche qu’il est d’usage de qualifier de
« filière sèche » n’exclut aucun matériau (acier, béton, bois, composite, terre
cuite, verre etc.…). Elle oblige à repenser les systèmes constructifs, repenser
l’isolation, l’inertie, les apports gratuits, la gestion de l’air... Bref,
sortir des poncifs habituels ; convaincre les concepteurs, vaincre les
réticences des entreprises qui craignent (à tort) que ces innovations, reposant
sur des produits industrialisés à valeur ajoutée, n’entament leur marge.
C’est au contraire l’occasion de moderniser
l’ensemble de la filière, de développer l’ingénierie concourante, de revaloriser
les métiers du bâtiment, d’y attirer davantage de jeunes. C’est certainement
l’un des moyens les plus efficaces pour répondre qualitativement aux besoins
quantitatifs à coûts maîtrisés
REHABILITER ET CONSTRUIRE INTELLIGEMMENT, POUR
PRODUIRE DES ECONOMIES DURABLES POUR TOUS, N’EST PAS UNE UTOPIE MAIS UN DEVOIR.
L’enjeu est de taille : le secteur de la
construction et du cadre de vie consomme pour le chauffage des bâtiments près
50% de l'énergie nationale et émet chaque année 28% des gaz à effet de serre.
Pour rompre avec ces mauvaises pratiques, il faut impérativement repenser les
modes de financement publics et privés, notamment dans le domaine du logement
pour enfin « raisonner en économies globales ».
Parmi les candidat(e)s à l’élection présidentielle, qui a chiffré le coût du mal
vivre résultant du « mal construire ou mal réhabiliter »? qui a chiffré les
fantastiques économies induites par un environnement et des bâtiments sains
.
Le marché du développement durable sera le
« marché du siècle : il permet un fantastique développement économique, social,
environnemental, culturel tout en générant des économies durables pour tous.
Nous pouvons rattraper notre retard à condition
de changer nos pratiques : pour concevoir et réhabiliter des bâtiments à haute
performance thermique et environnementale, investissons, comme nos voisins, dans
la qualité plurielle : qualité de programmation, qualité de conception, qualité
de réalisation et qualité de gestion.
La stratégie « gagnant gagnant » est possible :
l'investisseur verra son patrimoine revalorisé, l’utilisateur verra ses
charges diminuées, la planète sera davantage épargnée et la France pourra
respecter le protocole de Kyoto. Cela fait quatre gagnants, que
faut-il de plus pour adopter les bonnes mesures ?!…
François PELEGRIN, architecte dplg, urbaniste dup,
23/03/07
Président d’honneur de l'UNSFA (Union Nationale
des Syndicats Français d’Architectes)
P 06 60 64 03 03 e mail : francois.pelegrin@architecture-pelegrin.com
on pourrait, à la limite, leur
reprocher de ne pas avoir le courage de refuser la commande
on pourrait, à la limite, leur reprocher de ne pas alerter suffisamment
le pouvoir politique et l’opinion publique
En Suisse, on observe déjà qu’entre
deux logements apparemment identiques, la valeur patrimoniale de celui
« classé A » (consommation inférieure à 50 kWh/m2/an) est de 5 à 10% du
prix de vente (et non de construction) supérieur à celui « classé D »
(environ 130 kWh/m2/an, c’est le niveau de la RT 2005 !),
c’est dire la décote prévisible d’un bâtiment de classe G (à
localisation équivalente) ;
ne serait ce qu’au plan de la santé :
des milliards d’euros annuels sont en jeu.
La requalification
architecturale et thermique de notre patrimoine engendrera d’ici à 2050,
des investissements de 500 à 800 milliards d'euros, plus de 300 000
emplois durables, des centaines de TWh et de milliards de tonnes de CO2
économisés.
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