La prise de conscience de la réalité du changement climatique à venir est là. Certains y ont contribué largement depuis des années, les experts du climat de tout pays, les écologistes réalistes, des personnalités de haut niveau engagées sans trop d'arrières pensées comme Al Gore, depuis longtemps ou Jacques Chirac, depuis un certain temps (j'ai le souvenir de son intervention au Comité 21 en 1995 dans les salons de l'Hôtel Concorde que nous avions contribué à préparer avec Philippe Germa et Brice Lalonde).
Il y a également ceux qui profitent de la prise de conscience pour prendre un étendard dont leur carrière, jusqu'à ce jour, était une vivante négation.
Il n'y a rien à leur reprocher tant l'écologie est à partager et qu'il ne peut y avoir d'ennemi définitif. La société nous impute des rôles, parfois de pollueurs, mais c'est la société qui doit changer et ce ne sont pas les individus qu'il faut punir des rôles que le productivisme ambiant des deux siècles passés nous a chargés d'incarner, parfois à notre âme défendant.
Aussi bien, lorsque cet étendard est brandi pour désigner l'adversaire, punir le citoyen, dire le bien contre les autres, instrumentaliser les associations, faire la leçon aux politiques ou leur faire ployer le genou devant les figures d'un nouveau totem, il y a danger.
Car, l'écologie est tout le contraire d'une religion, contrairement à ce qu'en disait Attali dans son dictionnaire des temps futurs il ya quelques 20 ans (Attali dont je m'empresse de louer la lucidité des analyses actuelles...)
Je ne suis pas certain que le cinéma à grand spectacle organisé autour des rituels de l'écologie de grand papa soit réellement de nature à aider la planète. Car, ce qui importe n'est pas de prier quelque nouveau saint, ce dont sont tentés les nouveaux convertis avec l'intégrisme qui leur est coutumier ans ces postures, c'est d'agir avec pertinence et non seulement de dire et de montrer dans des grand'messes où le plus ne rime pas forcément avec le mieux.
Et là, rien n'est simple !
L'écologie n'a que faire des doctrinaires ! Un monde aux frontières partiellement atteintes est un monde de paradoxes.
A t-on besoin d'un bidule de plus pour organiser la gouvernance écologique ou faut-il au contraire d'abord (ensuite, pourquoi pas !) des négociations multilatérales incluant Chine et USA pour que la communauté internationale se dote enfin des outils économiques et financiers amis du climat ?
A t-on besoin de taxer intérieurement à tour de bras sans garantie internationale d'aboutir à un vrai prix équitable et pertinent du carbone à l'échelle mondiale ?
A t-on besoin de gourous qui pensent à la place des partis qui s'en trouvent ainsi dispensés et qui fuient au moment des responabilités pour garantir leur propre équilibre personnel laissant ainsi orphelins et trompés les militants d'une cause juste après avoir donné de (mauvais) conseils au Prince sans accepter de les assumer aujourd'hui ?
Autant de questions que nous n'évitons pas dans nos ateliers, travaux, articles et colloques.
C'est qu'il n'est déjà plus l'heure de s'étonner du constat de perte de la diversité, des risques de déséquilibres des cultures et des tensions géostratégiques liées à l'énergie. Car, se sont les hommes qui ne s'en remttront pas, notamment ceux d'Europe, fruit d'un effort collectif multimillénaire, et non la planète qui retrouvera son destin dans le sein généreux de Mère-nature ! Il est en réalité l'heure d'agir et les mots, aussi généreux et citoyens soient-ils, n'y suffisent pas. Nous sommes entrés dans une économie de change carbone qui n'en a pas les outils. Créer ces outils, leur donner un avenir dans le post Kyoto, telle est l'urgence des discussions qui vont commencer cette année à Bali.
Et c'est la première questions qu'il faudrait poser aux candidats à la Présidence car ils vont nous engager, tout comme l'Europe est en train de nous engager tandis que nous débattons de mesures hexagonales passionnantes (vice-premier ministre ou augmentation de la TIPP !) mais dont l'intérêt pour le cours futur de l'histoire reste subsidiaire.
Mais qui pose ces questions sur ce que le futur président fera vraiment du destin de la France et de l'Europe dont la Constitution Française lui donne la responsabilité et lui interdit de la déléguer à un vice-premier ministre ?
A t-on commencé de prendre le bon chemin lors des récentes conférences de Paris ? Rien n'est moins certain...
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