. Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate Portail - Gate France-Europe-Planète Bleue



Imprimer au format A4 (Print)Inscrire un nouveau membre (New recipient)Le site officiel France Bleue Le courant ne plus entre Nicolas Hulot et ses conseillers 3/2/2007

Retour à la Lettre de février 2007
 

Jeudi soir 1er février,..

L'Alliance et Nicolas Hulot, une synergie incontrôlée et peut-être incontrôlable...



Quoi de neuf ?

2010
DD - Contribution introductive au DD pour les PME (PH) [3/8/2010]
DD - Contribution de Hager ben Jaffel : Les Etats Unis et le développement durable [3/8/2010]
Eté 2010 : Historique et fondamentaux du développement durable - Dossier du LEDD [Lundi 2 août 2010]
Lettre août 2010 - Supplément Précaution & Santé [2/8/2010]
La santé environnementale, le nouvel enjeu d’aujourd’hui pour demain [2/8/2010]
Lettre Juillet-Août 2010 - Une écologie à panser (et repenser) [2/8/2010]
Climat : changer d'urgence notre vision de l'écologie ! [2/8/2010]
Nucléaire : comment ne pas s'interroger sur la gouvernance dite durable du secteur de l'énergie ! [2/8/2010]
Energies sans fossile : des plans, des plans ! Les USA n'y arrivent pas et le couple franco-allemand se perd dans le désert ! [1/8/2010]
L'Allemagne entend réduire la dette du mauvais renouvelable sur les générations futures. Oui mais... [1/8/2010]
Iter, chance ou cadeau empoisonné pour la région PACA et l'Europe ? [1/8/2010]
Faut-il se lancer dans d'immenses fermes solaires ? Appel à contrbutions et avis. [1/8/2010]
La France repeint en vert le projet allemand Desertec et entend que l'UPM joue les gros télégraphistes de l'énergie du soleil [1/8/2010]
La crise a réduit les émissions de CO2 plus surement que Kyoto-Copenhague ! [2/7/2010]
Lettre Juin 2010 - Ne pas casser l'esprit de République pour les doux yeux de chimène... [Samedi 19 juin 2010]
     

... le courant ne passait plus entre Nicolas Hulot et son principal conseiller

L'Alliance pour la planète et Nicolas Hulot appellaient les Français à couper leur électricité jeudi soir 1er février 2007.

Nicolas Hulot a engagé, mercredi 31 janvier, les Français à se joindre à l'opération "cinq minutes de répit pour la planète", lancée par l'Alliance pour la planète, et à couper leur électricité jeudi 1er février, entre 19 h 55 et 20 heures.

Nous n'insisterons pas sur la stupidité de cette action dont la générosité apparente marque ainsi bien le retour à l'écologie protestaire et de communion religieuse. Peut-on espérer que Nicolas Hulot soit le dernier grand prêtre de cette écologie qui ne mène nulle part et qui absout les grands partis de s'occuper d'une question qui devrait les préoccupper au premier chef ! Peut-être Nicolas Hulot s'est-il lui-même effrayé du point où son aventure le menait. Il en aurait, d'après ses dires, beaucoup discuté avec ses "deux amies" Nathalie Kosciusko-Morizet et Dominique Voynet. Nous comprenons bien que l'orchestration de cette opération ne doit rien au hasard...
     

Green-Peace, Hulot, Ségo frère et soeur : en savoir plus ?

En médaillon, notre ami Jean-Marc Jancovici

Toujours est-il que Green-Peace, également grand ami (de Nicolas Hulot), mène la barque de l'Alliance qui se trouve à l'origine de cette extinction des feux. Or, cette manifestation, loin de contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les augmente. En effet, le nucléaire produit (quasiment sans émission) la part constante de la production, ce qu'on appelle "la base" tandis que pour la part fluctuante, la "crête", il est fait appel à des énergies rapidement disponibles et donc plus contributrices à la dérive climatique...

Par conséquent, une interruption momentanée de la consommation a toutes les chances d'induire plus d'émission que la prolongation "en plateau" de la production, par exemple en obligeant Edf à importer du courant allemand, produit "salement", de manière à amortir le choc. Le mouvement "Sauvons le climat" a communiqué sur cette erreur des écolos qui veulent invoquer le grand dieu planète "sans être au courant" des conditions de la production.

Il est intéresant de noter que c'est Jean-Marc Jancovici qui est venu, notamment sur France Inter, expliquer que cette opération était une hérésie, bref une imbecillité. Coup de chapeau pour ce courage. Ce n'était pas évident.

En effet, Jean-Marc Jancovici pour qui nous avons ici beaucoup de sympathie et dont nous nous étonnions de l'engagement derrière Nicolas Hulot, est son principal conseiller. Il est vrai que Green-Peace et le réseau "Sortir du Nucléaire" avaient, il y a quelques semaines, demandé à Nicolas Hulot de désavouer Jancovici.
     

Anecdote, direz-vous ?

En médaillon : la Rainbow connexion (Ouvéa, Elysée and so on beyond), mythe ou réalité ?

Anecdote, direz-vous ? Pas vraiment !

Songez que Bruno Rebelle, ancien premier responsable de Green Peace est désormais aux cotés écologistes de Ségolène Royal. Or depuis, celle-ci est apparemment décidée à diviser par deux la part du nucléaire en France.

Il est difficile, sauf à vouloir à tout prix se mettre un bandeau sur les yeux, de ne pas rapprocher cette présence de la vie professionnelle de son frère et de ses vraies-fausses déclarations comme de son rôle dans l'affaire du Rainbow Warrior, évidemment liée à Green-Peace (et donc de la transmission du troisième ordre leurre, celui qui a provoqué la mort du photographe).

S'il est clair qu'il était là-bas, ce rôle n'est pas clairement élucidé. Or, le fait que Ségolène Royal était elle-même membre du cabinet du Président de la République à cette époque, est propice à bien des rumeurs et repose une question dont une partie de la réponse est connue : qui a couvert politiquement la tournure finale de l'opération ?

Les mauvaises langues sont prêtes à faire d'autres rapprochements*. Malgré toutes les réserves que chacun formulera au premier abord, quand on sait l'activisme de certains à agir contre les intérêts de la France au nom d'intérêts mal cernés, les questions apparaissent légitimes étant donné l'importance de l'enjeu. Est-il si anormal d'avoir envie d'en savoir plus quand Ségolène Royal entend désormais diviser par deux la part du nucléaire en France (s'il est dangereux, il faut le supprimer !), ce qui reviendrait à multiplier d'un facteur à due proportion l'effort de l'industrie française nécessaire au respect des engagements qui lui sont actuellement demandés dans la négociation des suites de Kyoto.

A qui profiteraient ces mesures ?

Autant il est indispensable de concilier l'Europe, les USA et la Chine dans les futurs accords, dans l'intérêt évident de la planète, autant la France et l'Europe doivent pouvoir assumer leur part sans ruiner leur industrie. A moins de se contenter de paroles et de ruiner la France tandis que les autres pays ne feraient rien.

* Note
D'après certains (voir lien), Natalie Rastoin, directrice générale d’Ogilvy France, "conseillerait à titre privé Ségolène Royal dans sa stratégie de communication politique" parce que les deux femmes seraient amies de longue date. Certes, il semble que Mme Royal a été lancée dans la presse selon une organisation marketing hautement élaborée et gérée très finement par l’agence américaine de publicité Ogilvy. D'où les tailleurs de Mme Kennedy par exemple. Qu'y a t-il de répréhensible ?

D'autant qu'il s'agit d'un superbe travail. L'origine des rumeurs vient de ce que que Ogilvy est l’une des sociétés du groupe américain WPP, l’un des 400 groupes mondiaux les plus puissants, que bien des observateurs disent très proches de services et agences influents, et qui possède notamment les deux grandes sociétés d'information - de désinformation disent certains - mondiales que sont Hill & Knowlton et Burson-Marsteller.

Voilà ce qu’on peut lire sur le site d’Hill & Knowlton : "Parce que la politique apparaît au point de rencontre des intérêts privés et publics, il est crucial d’influencer l’opinion publique afin de former les résultats politiques." C'est la base de toute parole communicante, de Hulot à Bové en passant par bien d'autres !

Le Président de WPP est un ancien du cabinet de Bill Clinton à la Maison Blanche. Certains considèrent que cet éclairage donne un relief particulier aux idées de Mme Royal. Restons prudents même si bien des coïncidences semblent s'accumuler. Lors de la récente offensive israélienne au Liban, Ségolène Royal a proposé comme solution d’avoir recours à... Bill Clinton comme médiateur. Pourquoi pas ! C'est le domaine où il s'investit, notamment dans le cadre le Clinton Global Initiative que nous voyons d'un oeil plutôt sympathique.

Que Ségolène Royal soit en réalité plus atlantiste que Sarkozy puisque, contrairement à ce dernier, elle réclame l’entrée de la Turquie dans l’Union, cela semble assez clair pour les observateurs attentifs. L'objectif stratégique majeur de la diplomatie états-unienne vise à faire coïncider le périmètre de l’UE et celui de l’OTAN. C'est une option qu'on ne discutera pas ici. Aucune option n'est à rejeter dans la réorganisation mondiale en cours dès lors que les enjeux sont clairement posés sur la table. A cet égard, l'Europe a sans doute eu tort, concernant les enjeux climatiques, de s'enfermer dans une logique laissant les USA hors du jeu actuel (en préférant les quotas et la norme au marché et à la taxe partagée). Néanmoins, il n'est pas certain que les intérêts géostratégiques de la France et de l'Europe liés aux nouveaux périls venus de la dérive climatique coïncident avec ceux des USA sans discussion.

Pour autant, nous pensons qu'il ne peut y avoir de solution pour la planète sans qu'un accord s'établisse d'abord entre les USA, la Chine et l'Europe. Dans cette perspective, il est utile que chacun n'abdique pas ses atouts avant la discussion. Alain Juppé l'a bien compris dans sa condition de la conférence pour une gouvernance mondiale de l'écologie. Or, pour la France, le nucléaire propre est un atout, tout comme les USA et la Chine s'accrochent à l'idée d'un charbon propre. Qui n'est peut-être qu'une illusion.

Une fois écartées les rumeurs et intoxications diverses et parfois calomnieuses que nous ne reprenons évidemment pas à notre compte, chacun est malgré tout en droit de s'interroger sur la présence de Bruno Rebelle aux cotés de Ségolène Royal. Le renoncement de Nicolas Hulot, son différent, contraint ou subi, avec Jean-Marc Jancovici comme les les variations de ses positions sur le nucléaire ne sont sans doute pas tout à fait indépendants.

Comme quoi, dès lors que l'écologie se mêle d'être réellement politique, il lui est difficile de n'être pas totalement politicienne. C'est peut-être ce dont Nicolas Hulot a finalement pris acte laissant aux grands partis mieux armés pour se battre à armes égales avec les grands requins du Monde ! Qui pourrait le lui reprocher in fine ? mais, c'est une leçon de "real ecology" comme de "real politik" !
hillandknowlton.com/index/practices/public_affairs
Imprimer cette Weblettre